Le XVIIIe et le XIXe siècle : le commerce colonial
La prise de Port-Mahon
Claude-Nicolas Francin
Piédestal de la statue équestre de Louis XV
(place de la Bourse, Bordeaux)
Marbre
1764
Au XVIIIe siècle, l’essor exceptionnel du commerce avec les Antilles, particulièrement avec Saint-Domingue, fait de Bordeaux le premier port de France. C’est également une période où des fortunes bordelaises se bâtissent sur du trafic négrier.
Trophée l'Amérique
Détail du soubassement de la statue équestre de Louis XV
(place de la Bourse, Bordeaux)
De la fin du règne de Louis XIV à la veille de la Révolution, le trafic du port double en tonnage et est multiplié par 20 en valeur : sucre, café, indigo et coton. Les échanges avec les colonies représentent alors la moitié de l’activité du port et prennent le pas sur le commerce du vin. Bordeaux connaît la plus forte croissance des ports français et fournit aux Antilles le vin, l’eau-de-vie, les prunes sèches et surtout la farine ainsi que les salaisons d’importation.
À partir du milieu du XVIIIe siècle, le commerce colonial inclut le trafic des esclaves. Ce sont 130 000 à 150 000 hommes, femmes et enfants, qui sont embarqués sur les côtes d’Afrique, à destination de Saint-Domingue et des îles de l’Océan Indien. Bordeaux fut ainsi le deuxième port négrier, avec La Rochelle, et après Nantes.
Attirées par le commerce du vin, de nombreuses familles de négociants ou banquiers ou armateurs, anglais, allemands et hollandais s’installent à Bordeaux, et plus particulièrement dans le luxueux quartier des Chartrons. Ils dynamisent l’économie locale ainsi que le commerce avec les îles des Antilles.
Ils ont souvent des attaches fortes avec leurs pays d’origine et continuent de commercer avec eux en leur réexpédiant des denrées coloniales. Les lieux de cultes, comme l’église anglicane du cours Xavier-Arnozan, ainsi que le temple des Chartrons rue Notre-Dame témoignent de ces implications commerciales et confessionnelles.
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