Réseau aquitain sur l'histoire et la mémoire de l'immigration
Les Espagnols à Bordeaux au début du XIXe siècle

C’est l’invasion de l’Espagne par Napoléon Ier puis la défaite qui vont jeter sur les routes, et particulièrement à Bordeaux, ces Espagnols qui avaient soutenu Joseph Bonaparte sur le trône d’Espagne. Au total, ce sont 65 000 personnes qui seront arrachées à leur patrie, les « afrancesados ». Cette appellation est apparue en Espagne quand les ministres et l’aristocratie jurèrent fidélité au roi Joseph Ier après la renonciation au trône de Ferdinand VII et de Charles IV, sous les pressions de Napoléon Ier.

Le Grand Théâtre à Bordeaux
Le Grand Théâtre à Bordeaux
Joshep Basire, Papier Vergé, crayon, aquarelle, 1800

Les « afrancesados » représentaient une bonne partie de la culture et de l’intelligentsia espagnole de l’époque. Beaucoup d’entre eux furent des collaborateurs par pur intérêt pour obtenir des postes dans le royaume de Joseph Ier. Mais beaucoup d’autres croyaient sincèrement dans les idées libératrices que représentait la Révolution française, et y virent une chance pour la chute de l’absolutisme. Parmi eux, le très grand artiste Francisco Goya ainsi que le poète Moratín séjourneront de nombreuses années dans notre cité.
Dès 1814, une société espagnole, riche et huppée, d’aristocrates, de banquiers, de négociants et d’anciens officiers vont investir à Bordeaux des sommes considérables. Ils investiront dans le patrimoine immobilier ainsi que dans l’activité fluviale, développant les liaisons avec l’Amérique latine et surtout les anciennes colonies espagnoles.

On doit entre autres au riche Marquis de la Torres la construction du passage des galeries bordelaises. Des boutiques bordelaises huppées sont ouvertes par ces Espagnols comme le très célèbre magasin de mode « À la Ville de Cadix ». La plupart des loges de l’Opéra de Bordeaux sont réservées par cette « intelligentsia » espagnole.


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