Réseau aquitain sur l'histoire et la mémoire de l'immigration
Actions en Aquitaine, co-réalisation du Rahmi

Sur tout le territoire de l’Aquitaine, de nombreux acteurs, sociaux, culturels ou économiques, mènent des actions liées à l’histoire et à la mémoire de l’immigration.
Dans le cadre de sa mission de capitalisation et de mutualisation de ces actions, le Rahmi a participé à l’établissement d’un répertoire, régulièrement mis à jour, afin que tous les acteurs concernés puissent partager leurs démarches, leurs méthodes et leurs productions, et à terme participer ainsi à la construction d’une mémoire collective, croisée, qui aille au-delà des mémoires communautaires.

Pour connaître les projets et actions menés en Aquitaine : www.histoire-immigration.fr/la-cite/repertoire-de-projets/aquitaine

Objectifs des actions :

  • changer les représentations
  • promouvoir la diversité culturelle
  • favoriser la citoyenneté
  • lutter contre les discriminations
  • favoriser la transmission de l’histoire et de la mémoire de l’immigration
  • connaître et reconnaître une mémoire commune
  • valoriser un territoire

Quelques actions phares

Bons baisers de Turquie
octobre 2009 – Musée d’Aquitaine

Manifestation de 3 jours organisée à Bordeaux par l’ALIFS (Association du lien interculturel familial et social) dans le cadre de la Saison culturelle turque en France, en partenariat avec le Musée d’Aquitaine, le Rahmi, le CLAP Sud-Ouest, MC2a et O2Radio.
Venus de Turquie, d’Angleterre et de France, des artistes ont fait partager, à travers des spectacles et des performances, les subtilités d’un pays riche d’influences culturelles multiples et de la diversité de ses peuples, en présence des membres de la communauté turque de Bordeaux.
Ces trois journées, placées sous le signe des arts et de la rencontre des cultures, furent précédées de journées de découverte et de sensibilisation avec trois écrivains invités. Les actions se sont déroulées dans les centres sociaux de Cenon, Lormont-Carrier et Sainte-Eulalie avec les groupes d’alphabétisation composés d’une majorité de femmes d’origine turque, et au lycée Victor-Louis de Talence avec trois classes.

Le Rahmi a été partenaire de cette manifestation en proposant, dans le cadre de « Mémoires en images », la projection de deux films sur l’immigration turque en France et en Allemagne.


Bons baisers d’Afrique
octobre 2010 – Musée d’Aquitaine

Au moment des anniversaires des 50 ans des indépendances des pays d’Afrique, anciennes colonies françaises, l’association ALIFS, en partenariat avec le Musée d’Aquitaine, MC2A et le Rahmi, a organisé durant 3 jours la manifestation culturelle « Bons baisers d’Afrique » pour découvrir ou redécouvrir ce continent au fil de propositions artistiques mêlant traditions et modernité. Rencontres d’auteurs, de conteurs, d’illustrateurs, de comédiens, de musiciens, de danseurs, d’historiens, de conférenciers, d’associations locales…
Le programme riche en couleurs a permis au public de voyager à travers cet immense continent avec lequel Bordeaux et l’Aquitaine ont une grande histoire et des liens forts.

Soutenue par le Rahmi, cette manifestation a permis d’ouvrir le débat sur la situation en Afrique et les relations de la France et de l’Europe avec le continent africain.


« Entre Garonne et Mékong »
2e édition – avril 2011 – Bordeaux

L’Association franco-vietnamienne Bordeaux-Aquitaine, en partenariat avec le Musée d’Aquitaine et le Rahmi, a proposé des rencontres littéraires, un colloque sur le thème de l’immigration vietnamienne en France, des films, une exposition de photos, un atelier de fabrication de cerfs-volants, des animations, un concert…

Dominique Rolland, Clément Baloup, Pascal Bourdeaux et Pierre Daum, auteur du livre Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939-1952), furent présents au colloque où a été évoquée la mémoire des 20 000 travailleurs indochinois venus en France en 1939-1940.


« Sala de espera » (Salle d’attente),
photos de Gabriel Martinez

Ces photos prises en 1969 montrent l’arrivée des immigrés portugais en gare d’Hendaye, ville frontière avec l’Espagne. Fuyant la dictature de Salazar et les difficultés économiques, ils furent des milliers à faire halte en ce lieu avant de se disperser dans toute l’Europe.
« En noir et blanc, accompagnées de vers de Fernando Pessoa, les photographies fixent le décor des valises ficelées, la fatigue des corps assoupis dans les positions les plus inconfortables, surprennent l’inquiétude des regards humides et quelques sourires qui disent l’espoir. Images d’une aventure incertaine et angoissante mais qui, par contraste avec les épreuves des émigrés d’aujourd’hui, semble peindre une émigration presque heureuse. » (Alain Garrigou, Le Monde diplomatique, mars 2009)

Ces photos, désormais dans les collections du Musée d’Aquitaine, ont fait l’objet d’un livre publié en 2008 aux éditions Atlantica : Sala de Espera - Hendaye - Gare internationale - Il y a quarante ans - Un matin, textes : Christian Caujolle, Manuel Dias Vaz, Isabelle Darrigrand, Gabriel Martinez, Résonance de Fernando Pessoa.


Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes

Depuis 24 ans, le Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes conduit en Aquitaine, et dans toute la France ainsi qu’au Portugal, un ensemble d’actions diverses pour mieux faire connaître Aristides de Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux en juin 1940, dont l’action héroïque a permis de sauver des milliers de personnes fuyant la barbarie nazie, mais qui fut destitué par Salazar pour avoir désobéi et qui est mort, dans l’indifférence quasi générale, à Lisbonne le 3 avril 1954.

Actions menées en 2010 en Aquitaine :

  • À l’occasion du 70e anniversaire, voyage des descendants d’Aristides de Sousa Mendes et de personnes qu’il a sauvées, à Paris, Bordeaux, Bayonne, Anglet et Hendaye.
  • Interventions pédagogiques dans les lycées et les collèges de la région.
  • Concert à la grande synagogue de Bordeaux, en juin 2010, à la mémoire des Justes et d’Aristides de Sousa Mendes.
  • « Les 100 ans de la République portugaise » : conférence de José Carlos Janela au Rocher de Palmer, à Cenon, en octobre 2010.
  • Semaine culturelle à la mémoire d’Aristides de Sousa Mendes et de sa seconde épouse, Andrée Cibial, organisée à Ribérac.
Le Comité a publié :
  • 9 jours pour sauver 30 000 personnes. Livret pédagogique (éditions Quatorze),
  • Aristides de Sousa Mendes, héros « rebelle » (éditions Confluences),
  • Le pouvoir de dire « non » (éditions Quatorze).

Pour en savoir plus : www.sousamendes.org


Meilhan-sur-Garonne,
Lot-et-Garonne

Depuis de nombreuses années, la commune de Meilhan-sur-Garonne organise des manifestations culturelles pour promouvoir le livre et la lecture à travers des programmes faisant une large place à l’histoire des migrations, particulièrement en Lot-et-Garonne. En 2006, la 10e Journée du livre avait proposé une programmation exceptionnelle autour du thème des migrations, des exils et des identités en Aquitaine, avec notamment une table ronde sur le thème des identités produites par des migrations imbriquées à des évènements historiques, des mouvements politiques, des mutations économiques, avec la participation de Carmela Maltone, Joël Combres, directeur de la revue Ancrage, et Manuel Dias, qui avait abordé les conséquences de l’histoire coloniale sur l’immigration, ainsi que de Christian Sallenave, qui avait parlé des migrations professionnelles et du nomadisme identitaire en France durant la deuxième moitié du XXe siècle.
Prenant le relais de ces Journées du livre, « Culturiôsités », le festival de toutes les cultures, est organisé chaque été depuis 2008 par la commune de Meilhan et l’Association culturelle meilhanaise. Après l’Italie, puis la Bretagne et les langues régionales, la 3e édition, en 2010, a rendu hommage au Portugal, avec de nombreux écrivains, artistes et experts de la culture et de l’immigration portugaises : Tosca, Pedro Rosa Mendes, Alice Machado, Carlos Batista, Bernadette Ferreira, Manuel Dias Vaz, Pierre Léglise-Costa, Joël Combres… Le film Les émigrés fut suivi d’un débat avec le réalisateur, José Vieira.
En tant que président du Rahmi et du Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes, Manuel Dias a participé à une table ronde sur l’immigration portugaise animée par le sociologue et éditeur Christian Sallenave.


Exposition « Mémoire d’un engagement : la longue route des combattants marocains »
janvier-mars 2011 – Hôtel de Région, Bordeaux

Au cours des deux guerres mondiales et de la guerre d’Indochine, des soldats marocains, par dizaines de milliers, ont combattu dans l’armée française. Engagés dans des régiments de tirailleurs ou des groupements de tabors, ils formaient une grande part des troupes dites « indigènes » ayant participé aux combats les plus rudes.
Après les indépendances, ces anciens combattants se sont vu refuser le droit à des pensions égales à celles de leurs anciens frères d’armes français. Ce n’est qu’au terme d’un long combat, et alors que les derniers d’entre eux sont maintenant très âgés, qu’ils commencent à obtenir justice. Beaucoup de ces anciens combattants résident aujourd’hui à Bordeaux.
L’exposition vise à rendre hommage à leur engagement pour la France, en proposant des portraits photographiques de 22 d’entre eux, signés Loïc Le Loët, la mise en valeur de leurs récits de vie, ainsi que des repères historiques resituant leur parcours dans l’histoire générale des troupes « indigènes ».
L’exposition s’appuie, en particulier, sur le travail réalisé par le Rahmi et l’ALIFS dans le cadre du programme de collecte d’archives orales de la mémoire de l’immigration en Aquitaine.

Ce programme a reçu le soutien technique et financier de la CNHI, de la DRAC, de l’ACSÉ, du Conseil régional d’Aquitaine et des Archives départementales de la Dordogne et de Lot-et-Garonne.


Les AOC* de l’égalité en Aquitaine (*Apéros d’origines contrôlés),
manifestation pilotée par l’ALIFS, Boulevard des Potes, CLAP Sud-Ouest, MC2a, 02 Radio et le Rahmi

En 2008, avec le soutien de la Préfecture de Région et de la DRAC, les personnalités qualifiées du comité régional de l’ACSÉ ont proposé, à l’occasion de l’Année européenne du dialogue interculturel (AEDI), la mise en place en Aquitaine d’un « événement » de valorisation des actions associatives conduites dans la région autour des problématiques de l’interculturel, de la diversité, de la lutte contre les discriminations, de l’égalité de traitement…
Les « AOC de l’égalité » sont ainsi nés de la volonté commune des institutions et des associations d’inscrire dans les débats publics le principe du dialogue interculturel et de la cohésion sociale. Cette volonté a fait son chemin depuis la 1re édition en 2008 avec le développement du partenariat, l’implication plus forte des acteurs et l’attente grandissante du public. De 4 et 8 jours pour la 1re et la 2e édition, la 3e édition, en 2010, est passée à 12 jours avec une multitude de propositions riches et variées animées par les acteurs de l’égalité.
Questionner les mouvements de lutte contre les discriminations, porter un autre regard sur les publics des quartiers populaires, revisiter le concept de mixité urbaine, rencontrer des réalisateurs de films engagés, débattre sur le droit des migrants, des gens du voyage et sur l’histoire des minorités, écouter des musiciens porteurs d’un message politique et citoyen, entendre des paroles de femmes, échanger sur les langues d’ici et d’ailleurs…, autant d’approches présentées lors de ces manifestations qui ont lieu dans différentes communes d’Aquitaine.

Pour en savoir plus : www.aoc-diversite-aquitaine.org


Histoire des droits sociaux des migrants,
Musée national de l’Assurance maladie, Lormont, décembre 2010

L’histoire de l’immigration en France est étroitement liée à la venue de travailleurs migrants qui a répondu à un fort besoin de main-d’œuvre. Leurs droits sociaux ont évolué au fil des revendications et des luttes, les faisant passer du statut de travailleurs immigrés ou de réfugiés à celui de citoyens. C’est cette histoire que le Rahmi et ALIFS ont proposé d’aborder dans un lieu symbolique mais méconnu : le musée national de l’Assurance maladie à Lormont.
Débat, animé par Abdellatif Chaouite, avec : Jacqueline Costa-Lascoux, Jean-Eric Malabre, Lucienne Chibrac ainsi que Abderrazack Bel Hadj Zekri, Jean-Jacques Rongier, Luc Varenne, Manuel Dias, Lucien Guy et des ateliers animés par Marie Poinsot, Thérèse Auclair, Mohamed Lakhdar Ellala et Joël Combres.

Pour en savoir plus : www.musee-assurance-maladie.fr


« Nationale 10 », projet artistique et culturel conduit par les associations bordelaises MC2a (Migrations culturelles aquitaine afriques)
et Mélanges (collectif de 5 structures culturelles girondines : Glob Théâtre, TNT, Chantiers de Blaye, Théâtre en miettes, MC2a)

La route nationale 10, qui rejoint Paris et Béhobie, près d’Hendaye, aux portes de l’Espagne, n’est pas une route comme les autres. C’est l’axe incontournable des migrations venues du Sud. Pour raviver la mémoire collective autour de cette route de l’espoir qui a vu passer tant de migrants, MC2a mène depuis 2004 une « aventure d’art et de mémoire » à la rencontre des habitants. Il s’agit d’une série de propositions artistiques, porteuses de messages de tolérance sur l’immigration :

  • 2004 : commande de textes à 5 auteurs contemporains d’origines étrangères (Dalila Kerchouche, Geneviève Rando, Kangni Alem, Rémi Checchetto, Abdourahman Waberi) ayant ensuite donné naissance à 5 formes théâtrales réalisées par 5 compagnies d’Aquitaine (Clastic théâtre, Acteurs du monde, Auteurs du monde, Intérieur nuit, Tafurs) ;
  • 2005 : présentation des « Dits de la 10 » aux Chantiers de Blaye et de l’estuaire ;
  • 2005 à 2007 : la « caravane de la N 10 » sillonne l’Aquitaine ;
  • 2007 : édition de Nationale 10. Voix de passage, ouvrage mémoire du projet ;
  • 2009 : « La croisière de la 10, mémoires d’exil » aux Chantiers de Blaye et de l’estuaire ;
  • 2010 : « Eldorado : sur les chemins de l’exil », installation le long de la N 10 de voitures « customisées » par Freddy Mutombo, plasticien congolais, avec l’aide des élèves du lycée professionnel Beau de Rochas à Bordeaux ; vues aériennes par le photographe Yannick Lavigne ;
  • 2011 : exposition dans le cadre de la manifestation bordelaise « Itinéraires des photographes voyageurs ». Participation à l’exposition « Where are you ? Voyage dans l’espace », galerie Beim Engel, Luxembourg. Résidence de l’écrivain Alain Brézault. Trajectoire estivale : Uzeste, Labouheyre, Marquèze, Tartas…

« Des Espagnols dans la Résistance »,
exposition réalisée par l’Association des retraités espagnols et européens de la Gironde (AREEG)

À partir de 2004, l’AREEG a entamé un travail de mémoire en liaison avec la communauté d’origine espagnole. Il lui a paru évident de commencer par ces Républicains espagnols, réfugiés en France, qui, au péril de leur vie et souvent de celle de leurs familles, se sont engagés volontairement entre 1940 et 1945 dans le combat contre l’occupant et ont contribué à la restauration de la liberté et de la démocratie en France. Un sacrifice qui, 60 ans après, est encore méconnu. Ce travail a d’abord donné lieu à une exposition bilingue intitulée « Républicains espagnols de la seconde République à la Résistance française » et présentée au Centre Jean Moulin à Bordeaux de novembre 2008 à mars 2009. Un ouvrage, Des Espagnols dans la Résistance à Bordeaux et sa région, a prolongé ce travail d’information et de mémoire. Ce livre, publié en coédition avec les Éditions de l’Entre-deux-Mers, a reçu l’appui notamment de l’ACSÉ (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances), du Rahmi et de la Fédération d’associations et centres d’émigrés espagnols en France (FACEEF).

Au printemps 2011, une nouvelle exposition, enrichie de témoignages provenant d’un travail de collecte de la mémoire orale réalisé par le Rahmi, est présentée dans différents lieux d’Aquitaine dans le cadre de la commémoration du 80e anniversaire de la seconde République espagnole.


Travail de mémoire en hommage aux Tirailleurs sénégalais
mené par l’UTSF/AR (Union des travailleurs sénégalais en France / Action revendicative) section Gironde

Constitués en corps militaire en 1857 par un décret de Napoléon III, ils ont servi dans toutes les guerres de l’empire colonial français. La première guerre mondiale en mobilisa 161 250, dont 134 000 au front, où quelque 30 000 d’entre eux trouvèrent la mort. Lors du deuxième conflit mondial, la France fit à nouveau appel aux troupes coloniales ; sur les 179 000 hommes mobilisés, quelque 40 000 combattirent pendant la campagne de France (10 mai – 25 juin 1940), et près de 17 000 y furent tués, souvent lors d’exécutions racistes de prisonniers par les Allemands. Certains rejoignirent la Résistance, notamment dans le Vercors. Ces combattants africains, connus sous le nom de « tirailleurs sénégalais », ont sacrifié leur jeunesse et souvent leur vie pour la France, et ainsi largement contribué à planter l’arbre de la liberté.
Pour que l’oubli ne soit pas le second linceul de ces morts, l’UTSF s’est fortement engagée dans un travail de mémoire et organise chaque année deux commémorations autour du 11 novembre, l’une au carré militaire de Lectoure dans le Gers où reposent 74 d’entre eux, l’autre à la nécropole du camp du Courneau près de La Teste-de-Buch en Gironde où 940 tirailleurs moururent alors qu’ils étaient là « en hivernage » en 1916 et 1917.

Par ailleurs, l’UTSF a mené, de 2001 à 2004, avec MC2a, un travail à partir de la pièce de théâtre de Mar Fall, Nos tirailleurs en campagne, travail qui a donné lieu à une représentation au Glob Théâtre à Bordeaux ainsi qu’à un film réalisé avec les jeunes de l’association et le réalisateur Dragoss Ouedraogo.

Pour en savoir plus : www.utsf-gironde.org / onglets “Activités” et “Mémoire”

   

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