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Associant le lycée Professionnel Henri Brûlle de Libourne et en particulier sa filière bois, et le lycées GT & pro d’Eiffel à Bordeaux, le projet consiste à accompagner une compagnie de théâtre dans la création d’une pièce prévue pour l’année 2025, LA FOI COLONIALE (Collectif Estragon, direction Abdulrahman Khallouf, / texte Florent Viguié, éd. L’Harmattan 2020). Cette pièce aborde le personnage complexe du maire de la Rochelle Léonce Vieljeux, héros résistant mort pour la France et …fervent colonialiste.

Migrant d’origine syrienne naturalisé voici une dizaine d’années, le metteur-en-scène Abdulrahman Khallouf aborde son pays d’adoption avec le regard neuf de celui qui interroge notre culture, notre Histoire. L’implication des élèves dans le projet du metteur-en-scène passe par la découverte de son parcours, mais aussi par un jeu d’allers-retours entre son regard et celui de l’auteur-enseignant qu’ils rencontrent tous et avec lequel certains d’entre eux travaillent au quotidien.

Nicolas Camoisson, un photographe qui a lui-même vécu de longues années en Syrie et au Liban les aide à capter la mémoire de ces rencontres et à l’insérer dans une démarche mémorielle et artistique globale. Avec lui, avec eux, avec l’accompagnement de la structure du Rahmi et de MC2A, les élèves assistent à des répétitions, découvrent des musées et des lieux de transmission de la mémoire, s’intéressent à d’autres projets et d’autres propositions artistiques mémoriels, et enfin réfléchissent au récit à porter sur scène et aux moyens d’y parvenir.

 

Ils s’interrogent alors sur la finalité même du projet : un spectacle professionnel à venir, une exposition photographique pour en rendre compte, soit. Mais pour quoi faire au final, pour quoi dire ? Quelle mémoire transmettre et quel besoin de la transmettre ?

 

Que l’implication des jeunes passe par la réalisation d’une exposition photographique pour certain, par le détour de l’écrit pour d’autres, par la réalisation de décors pour d’autres encore ou par une réflexion partagée sur la scénographie et la création lumière, c’est à tout un travail d’appréhension d’un pan de notre Histoire mal connu d’eux que se retrouvent confrontés les jeunes impliqués : pour transmettre, encore faut-il comprendre soi-même, et se construire une opinion personnelle sur la question ; une opinion qu’il convient de frotter à celle de son voisin, lui aussi impliqué dans le projet. Et si tous les jeunes n’interviennent pas à tous les niveaux, il est nécessaire pour tous de découvrir l’ensemble des protagonistes alors que chacun doit trouver sa place dans un travail de création toujours collectif quand il est question d’arts vivants. La participation de chacun dans ce processus doit ainsi amener les élèves à réfléchir collectivement à la finalité de l’art autant qu’à leur identité propre comme à leur place ; dans le projet d’abord, mais aussi dans le récit qui est proposé, et plus globalement dans la société.

Entre septembre 2023 et février 2024, les élèves de ont

  • 1/ rencontré à plusieurs reprises l’auteur du texte, le metteur-en-scène, le photographe,
  • 2/ participé à une première sortie culturelle au musée d’Aquitaine centrée sur les périodes des XVIII et XIXe siècle,
  • 3/ vu un spectacle de la Cie Le dernier Strapontin, Lieu de mémoire – une histoire de la traite négrière à Bordeaux,
  • 4/ participé pour 50 élèves à un voyage à Paris au cours duquel ils ont notamment pu découvrir
    • a) le musée des arts juifs,
    • b) le musée du Quai Branly,
    • c) le musée national de l’histoire de l’immigration
  • 5/ voir pour cent-trente élèves une création précédente du metteur en scène A. Khallouf
  • 6/ réaliser avec le photographe dans la ville et dans leur entourage des photos sur ses traces mémorielles repérées et identifiées,
  • 7/ découvrir avec leurs professeurs d’Histoire le contexte historique de la colonisation et le personnage de Léonce Vieljeux.

 

Le 8 février 2024, les élèves des deux établissements se rencontrent pour la première fois au musée d’Aquitaine que les élèves de Libourne découvrent. Ils assistent à une première sortie de résidence qui leur permet d’entendre pour la première fois l’intégralité du texte de la future création théâtrale mis en voix par les comédiens. Au mois de mars, une autre sortie de résidence sera l’occasion d’une nouvelle rencontre pour certains.

Les élèves concernés sélectionneront avec le photographe les photos de leur exposition. Le 9 avril, les élèves participent à la 12e édition de la Marche Parrainée d’Eiffel qui permet de récolter des fonds à destination de pays en voie de développement. Au mois de mai, l’exposition photographique est notamment présentée au Nouveau Festival des Lycéens à Cenon.