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Gagner la guerre depuis l’Afrique

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En juin 1940, un escadron de spahis aux ordres du capitaine Jourdier avait déjà rejoint l’armée britannique et se battait en Syrie avant de gagner l’Égypte et rejoindre les forces gaullistes.

Le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, permet aux troupes marocaines de sortir de l’ombre. Elles sont alors engagées sur tous les fronts : campagne de Sicile puis d’Italie, libération de la Corse en 1943, débarquement en Provence en 1944, alors que certaines unités, intégrées à la 2e Division blindée (DB) du général Leclerc, débarquent en Normandie et participent à la libération de Paris.

Toutes ces troupes défilent sur les Champs Élysées le 11 novembre 1944, mais reprennent bien vite les combats vers l’Est, franchissent le Rhin et se battent jusqu’en Autriche, en 1945.

« Devant la France et le Maroc, dont les liens indissolubles viennent d’être encore une fois consacrés par le sang versé en commun sur les champs de bataille, s’ouvrent de brillantes perspectives. »

— Charles de Gaulle,
extrait du discours prononcé lors d’un voyage officiel au Maroc, juin 1945

Les Dates Clés pour Comprendre

1941 : Combats fratricides en Syrie entre l’escadron Jourdier et les troupes de Vichy.
1943 : Prise de Tunis par les Alliés.
1944 : Débarquement en Normandie puis en Provence et Libération de Marseille par les Goumiers
marocains.
1944 : Bataille du Monte Cassino (Italie).
1944 : Libération de Strasbourg (novembre).
1945 : Arrêt des troupes marocaines à Arlberg en Autriche.

La Reprise des Combats en Afrique

La défaite est loin d’être actée. Les Alliés anglo-américains débarquent sur les côtes du Maghreb, à Port-Lyautey, Fedala et Casablanca, en novembre 1942 pour « l’opération Torch ».

Les combats face aux troupes de l’Axe (dont celles encore fidèles à Pétain et Vichy) aboutissent à la reprise de ce territoire stratégique pour la reconquête. L’armée française peut se reformer et se réarmer (grâce aux américains) avant d’être définitivement intégrée aux forces alliées pour participer aux campagnes de Tunisie, puis d’Italie et aider à la libération de la France. Bien entendu, les troupes de l’empire coloniale seront largement mobilisées et participeront activement à ces nombreux combats. Le Maroc fournira d’ailleurs un effort tout particulier pour participer aux effectifs de ces forces en reconquête.

Décompte des prisonniers allemands et italiens au camps de Gromalia après la libération de Tunis, 12 mai 1943, Lt Wicker, armée royale

Défilé de la libération de Tunis, 1943, Anonyme

Le déploiement des unités françaises s’étala sur deux semaines, au cours desquelles les premières troupes engagées en terrain difficile libérèrent la plus grande partie de l’île, avec le concours de plus de 10 000 résistants et d’unités italiennes ralliées aux Alliés.

Le 4 octobre les goumiers furent de nouveau les premiers à pénétrer dans Bastia, évacuée par les Allemands.

La Campagne d’Italie

En Italie, après la libération de la Sicile, les Alliés remontant de part et d’autres des Abruzzes se heurtèrent à la ligne « Gustav », une fortification allemande qui barrait sur 120 km la péninsule entre les embouchures du Sangro et du Garigliano. Les sommets fortifiés tenus par des troupes d’élite allemande culminent entre 1000 et 2000 mètres. Leurs noms devinrent vite célèbres : Mainarde, Majo, Monte Cassino, Cairo, Belvédère, Pantano.

Après que le Général Juin obtint du général Clark l’accord pour l’intervention des unités nord-africaines rompus aux combats de montagne, celles-ci passaient alors leur véritable examen de passage dans des conditions extrêmes.

Prendre le Monte Cassino ne se fera pas en un jour…

Bien que les troupes indigènes engagée dans le secteur de Venafro progressent efficacement, les conquêtes du Belvédère, du Colle Abate se feront à l’issue de combats acharnés entre le 25 janvier et le 1er février.

Après avoir perdu 1500 membres, ces troupes ne peuvent poursuivre leur avancée.

Militaires marocains incorporés à l'armée française dans un campement près du Monte Cassino, 1944
Militaires marocains incorporés à l'armée française dans un campement près du Monte Cassino, 1944

La tactique victorieuse du général Juin reposera donc sur le contournement et la surprise. Les troupes du CEF remplieront cette mission en attaquant les points moins sécurisés par l’Axe du Nord du Garigliano.

Dans la nuit du 11 au 12 mai, l’attaque fut lancée. Après d’intenses combats, chaque massifs de la ligne gustav sont conquis un à un. Le 15 au soir, la route vers Rome est dégagée grâce l’implication héroïque des divisions marocaines et des tabors dans ces batailles.

La ville de Cassino sous les bombardements alliés, 15 mars 1944
La ville de Cassino sous les bombardements alliés, 15 mars 1944

Les troupes alliées avancèrent vers Rome en faisant reculer systématiquement l’ennemi par un rythme de relève soutenu en pointe des assauts.

Le CEF y participa activement, jusqu’à se retrouver aux portes de Rome. Mais pour des raisons de « prestige symbolique », ce seront les américains qui entreront les premiers dans Rome, pas les troupes marocaines…

Bien que cet événement a été quelque peu occulté par le débarquement en Normandie, une parade triomphale eu lieu le 11 juin, avant la poursuite de la remontée vers la France par Florence et l’Arno.

Pour les troupes coloniales, la campagne d’Italie s’achève à Sienne, le 2 juillet, avec une ultime bataille face des unités allemandes, avant d’arriver en Provence.

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