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José DA SILVA

José Da Silva
Portugais en Aquitaine
Né en 1965

José DA SILVA
José DA SILVA
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Les séquences

Interviewer : Marie Barrier

Lieu : Cenon

Date : 9 avril 2009

Présentation

Dans le cadre de la collecte de témoignages oraux auprès de l’immigration portugaise en Aquitaine, un entretien avec M. José Da Silva a été enregistré le 9 avril 2009 à Cenon (33). Vous trouverez un résumé synthétique de cet entretien sur cette page, ainsi qu’une retranscription intégrale de cette interview en cliquant sur bouton ci-dessous.

Retranscription intégrale

Résumé de l’interview

JOSÉ DA SILVA – Mes parents viennent d’une petite île qui s’appelle Madère et qui fait partie de l’archipel des Açores. Je suis né là-bas, puis j’ai commencé mes études à Lisbonne vers l’âge de 10 ans alors que mes parents avaient déjà émigré aux États-Unis, tout en gardant la maison familiale à Madère. Ils travaillaient la terre et mon père avait dû partir à cause des conséquences de la Deuxième Guerre mondiale en 1948, car il n’y avait plus ni argent ni travail. Ma mère était restée et ils se sont mariés quand il est revenu. Puis ils ont dû émigrer à nouveau à cause des guerres avec les colonies qui commençaient.

À l’époque de la révolution des Œillets, j’étais à Madère et je suis revenu sur le continent, mais tout était contrôlé et il était difficile de voyager même à l’intérieur. J’ai donc fait des études d’Art et d’Architecture à Lisbonne, mais aussi aux États-Unis et je visitais beaucoup de pays d’Europe, mais sans avoir émigré. À l’époque, il y avait encore la pauvreté et on ne trouvait pas de travail dans mon métier au Portugal. C’est pour ça que je me suis intéressé à ce qui se faisait dans d’autres pays.

J’ai commencé à travailler aux États-Unis, j’ai fait beaucoup de choses là-bas, puis je suis revenu en Europe et j’ai travaillé sur l’Art public au Portugal avant d’atterrir en France, à Bordeaux, car ma femme adorait cette ville. La France, et Paris en mutation, à l’époque de l’ouverture du Portugal à l’Europe, c’était quelque chose d’incroyable ! Tous les bâtiments imposants étaient là ! C’est vers les années 80 que l’art a commencé à se tourner vers l’extérieur, avec l’architecture et l’urbanisme aussi.

MARIE BARRIER – Donc, vous avez beaucoup voyagé, mais durant combien de temps ?

Je dirais que le voyage n’est toujours pas fini depuis 10 ans ! J’ai fait le tour de l’Europe et des États-Unis où c’était la révolution dans mon métier ! Je voyageais, mais je revenais toujours sur Lisbonne et Madère grâce à l’ouverture des frontières, contrairement à mes voyages clandestins, dans les années 60. J’ai aussi travaillé au Vénézuéla où j’ai été professeur d’architecture pendant environ 5 ans. C’est là que j’ai rencontré ma femme. D’origine espagnole, elle connaissait déjà la France et adorait Bordeaux où elle avait fait des études d’urbanisme. Elle a voulu s’y installer, Bordeaux étant à l’époque en plein changement avec notamment l’arrivée du tramway. Très conservatrice dans les années 70, la ville connaissait dans les années 90 de grands changements au niveau de l’espace public.

Pourquoi ne pas avoir choisi le Portugal ?

Tout d’abord, ma femme ne parle pas le portugais et puis le Portugal n’a pas su trouver la bonne formule pour accueillir les immigrants. Quand on interroge les Portugais qui vivent en France, ils adorent tous le Portugal, mais ne se voient pas s’y installer définitivement ! Même mes parents vivent 6 mois à Madère et 6 mois aux États-Unis… c’est peut-être un problème lié aux gens qui ont émigré ! Moi-même, je me sens plus Européen que Portugais ; peut-être est-ce le fait d’avoir beaucoup voyagé. Et même si aujourd’hui on est installés à Bordeaux, avec une maison, une adresse et un téléphone, je continue à voyager.

Et quel est votre rapport avec le Portugal aujourd’hui ?

J’adore le Portugal, l’art portugais, l’atmosphère que me renvoie le pays et son histoire. Ce qui m’intéresse beaucoup, c’est l’espoir de ce petit pays qui a du mal à rentrer dans le monde contemporain. J’aimerais dire aux Portugais qu’ils sont européens aussi ! Quand je retourne au Portugal, je ne le ressens pas forcément comme un retour aux sources, même si j’y ai de la famille, c’est un attachement différent… À Bordeaux, je participe aux activités de deux associations portugaises, le Comité Aristides de Sousa Mendes et “O Sol de Portugal”, qui ne s’intéressent pas uniquement au folklore, mais aussi à l’histoire passée et immédiate du Portugal.

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Interviewer : Marie Barrier

Lieu : Cenon

Date : 9 avril 2009

Les séquences (22)

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