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Rose-Marie LUCY

Rose-Marie Lucy
Portugaise en Aquitaine
Née en 1965

Rose-Marie LUCY
Rose-Marie LUCY
/
Les séquences

Interviewer : Raymond Arnaud

Lieu : Mont-de-Marsan

Date : 7 décembre 2009

Présentation

Dans le cadre de la collecte de témoignages oraux auprès de l’immigration portugaise en Aquitaine, un entretien avec Mme Rose-Marie Lucy a été enregistré le 7 décembre 2009 à Mont-de-Marsan (40). Vous trouverez un résumé synthétique de cet entretien sur cette page, ainsi qu’une retranscription intégrale de cette interview en cliquant sur bouton ci-dessous.

Retranscription intégrale

Résumé de l’interview

ROSE-MARIE LUCY – Je suis née le 1er juin 1965 dans le centre-nord du Portugal, mes parents étaient journaliers, ma mère travaillait sur des propriétés où elle ramassait les olives, et mon père dans les champs.

RAYMOND ARNAUD – À quel moment avez-vous émigré ? Dans quelles conditions ?

Nous sommes arrivés en France le 17 octobre 1969, j’avais quatre ans, avec ma mère et mes frères et sœurs, puisque mon père était déjà sur place depuis deux ans.

Et pourquoi votre père était-il parti en France ?

Pour des raisons économiques, nous étions d’un milieu très pauvre, et sa sœur qui avait déjà émigré a fait savoir à mon père qu’il pouvait venir travailler en France et il est donc venu en 67. Le point de chute était Buzy dans les Pyrénées-Atlantiques, la sœur de mon père vivant à Arudy. Ils ont trouvé une maison pour nous accueillir, et recevoir toute la famille. Je me souviens encore du voyage ; nous sommes partis de Lisbonne et nous avons voyagé la nuit, j’ai encore des images en tête. J’ai le souvenir de mon père nous attendant à la gare à Pau…

J’ai beaucoup de souvenirs du voyage de Lisbonne jusqu’en France… les adieux à la famille, à une petite copine que j’avais et voir mon père nous attendre à la gare de Pau

Est-ce que vous avez quelques souvenirs du Portugal de cette époque, de vos quatre premières années ?

Oui, il y a un souvenir, c’est un feu de la Saint-Jean, je me revois chez ma grand-mère maternelle, elle nous gardait un peu pendant que ma mère allait travailler aux champs. J’ai le souvenir d’un escalier d’où l’on voyait le feu de la Saint-Jean. Des souvenirs d’incendies aussi, parce qu’il y avait beaucoup de pins, des images de flammes très hautes, et l’odeur ! j’ai le souvenir aussi d’un lavoir dans ce village, de certaines personnes, d’un oncle, mort, qui était militaire et qui était parti en Angola, pour son service militaire, j’ai le souvenir de ma grand-mère.

Et vous êtes partie du Portugal en train, par Lisbonne ?

Oui, puisqu’un de mes oncles qui habitait Lisbonne avait aidé mes parents et ma mère à faire les papiers.

Est-ce que vous avez un souvenir de votre arrivée et des premières années que vous avez passées en France ?

C’était à Buzy, un charmant petit village dans les Pyrénées-Atlantiques. Je nous revois dans la première maison où l’on habitait, ma mère est tombée enceinte de mon dernier frère. Je me revois dans ce jardin où j’avais cueilli, à l’insu de mes parents, toutes les fleurs et les haricots verts, je m’étais faite sacrément gronder ! je revois la naissance de mon petit frère, puisque ma mère avait accouché à la maison. J’ai des souvenirs comme ça, et puis j’ai des souvenirs assez douloureux, d’avoir énormément souffert de racisme, nous étions stigmatisés en tant que Portugais.

Et que faisait votre père en arrivant en France comme activité professionnelle ?

Il travaillait dans une carrière de marbre. Il fallait mettre des explosifs, faire tomber les roches, déplacer les blocs de marbre. Moi, je suis restée à Buzy jusqu’à mes neuf, dix ans, ensuite mon père a changé de boulot. Il est parti travailler aux eaux d’Ogeu et on a donc habité à Escout.

Au début, dans tout ce que je faisais, notamment à l’école, il y avait toujours un renvoi à mes origines portugaises.

Comment s’est passée votre intégration en France en tant qu’enfant puisque vous êtes arrivée à l’âge de quatre ans ?

Comme je le disais, j’ai senti que j’étais stigmatisée en tant que fille d’immigré, en tant qu’étrangère. Je me souviens même qu’à l’école en CE2, il y avait une institutrice qui nous avait posé une question, et j’étais la seule à répondre différemment. Elle m’avait dit : « Est-ce que tu maintiens ta réponse ? » J’avais acquiescé et comme les autres avaient répondu l’inverse, elle a dit : « Mais vous n’avez pas honte ! Il y a une Portugaise qui a donné la bonne solution ! »

En famille, est-ce que vous parliez portugais ?

Mes parents continuaient à parler portugais et nous on parlait toujours français. Mon père a appris le français mais il l’a toujours très mal parlé. Ma mère parle français, mais elle a un accent. Nous, on a toujours répondu et parlé en français.

Avez-vous eu des encouragements de vos parents ?

De mon père je n’en ai jamais eu et ma mère ne nous a jamais soutenus, du moins verbalement, mais elle nous a toujours encouragés. Déjà à cette époque, j’en avais conscience, l’école m’ouvrait un monde, celui du savoir et de la connaissance. Et c’était magique, extraordinaire. Mon père a été à l’école seulement pendant deux ans je crois, il ne savait donc pas vraiment lire et écrire. Ma mère, quant à elle, n’y a jamais été. Je n’ai jamais vu de livres ou de journaux chez moi. J’ai une grande sœur qui a onze ans de plus que moi et qui est femme de ménage, un frère qui a dix ans de plus que moi, représentant en machines à coudre. Eux sont rentrés de suite en France en tant qu’apprentis. Ensuite, il y avait ma sœur Marie, qui a trois ans de plus que moi, nous sommes les deux seules à avoir fait des études supérieures. J’avais aussi un frère, Manuel, qui est décédé il y a une dizaine d’années.

Quand j’ai eu 16 ans, mon père nous a demandé, avec ma sœur, ce qu’on faisait encore à l’école à cet âge-là. Mais ma mère lui a dit qu’il fallait qu’on continue, elle nous y a toujours encouragé

Ma mère a voulu que nous allions à l’école, il fallait qu’on soit, pas des modèles, parce qu’elle ne savait pas elle, ce qui était bon ou pas bon, mais quand même, il fallait qu’on travaille bien et qu’on soit irréprochables. Quand on est arrivés à Escout, le problème de l’immigration ne se posait pas comme il s’est posé à Buzy. On était intégrés avec les autres jeunes. Mes parents n’allaient pas aux fêtes de repas du village et on n’a jamais été non plus dans les communautés portugaises. On avait des contacts avec les voisins et les enfants des voisins qui avaient un petit peu les mêmes conditions de vie que nous. Je garde le souvenir d’une enfance passée dans les prés, les champs, la nature. Je me rappelle avoir appris à nager dans le gave d’Oloron-Sainte-Marie. On avait quand même beaucoup de liberté.

Après le Bac, vous êtes entrée dans le secondaire, vous aviez la possibilité de continuer des études ?

J’ai de très jolis souvenirs du lycée Jules Supervielle, à Oloron-Sainte-Marie. Il y avait une très bonne ambiance, une soif d’apprendre, de découvrir et de partager, et j’avais des professeurs très intéressants. C’était le moment où justement on commence à se demander : « Bon, qu’est-ce que je vais devenir après ? » J’ai fait une année de Psychologie à Bordeaux, je trouvais ça extraordinaire ! C’est là que j’ai entendu parler de Freud, de tous les noms de psychanalystes, ça m’a donné quelques bases. Mais quant au travail personnel, j’avais trop de choses à découvrir, j’ai fait du théâtre, j’ai rencontré une troupe d’étudiants qui étaient en ethnologie, mais c’est à cette époque que j’ai eu les plus mauvaises notes de ma vie d’étudiante ! Je découvrais un autre monde, différent du milieu familial. C’était surtout la liberté. Mais je me suis rendu compte quand même, au bout d’un an, que j’avais raté mon année et qu’il fallait que je me réoriente. J’étais boursière.

L’université a été une découverte extraordinaire, je découvrais l’expérience de sortir de son milieu familial et social, un milieu dont on ne m’avais jamais parlé !

Je suis donc revenue à Pau où j’ai entrepris des études d’histoire, j’avais une UV d’histoire de l’Art, et j’ai donc découvert l’art contemporain. La faculté venait juste de mettre en place le DEUG d’histoire de l’Art à Pau. Finalement, j’ai poursuivi dans cette voie, parce que ça me plaisait beaucoup. Quand j’étais en seconde, je travaillais à Alpha Aquitaine le soir où je faisais des ménages, et je me rappelle que ma première paye m’avait servi à financer une encyclopédie des grands peintres que j’avais achetée à un représentant de livres d’art. J’avais été ébloui par ces livres. J’avais travaillé deux mois et toute ma paye y était passée ! Il me restait juste un petit peu pour m’acheter un pull… ces livres, je les ai toujours, parce qu’ils représentent finalement quelque chose de primordial ; j’accédais à des choses dont je ne soupçonnais même pas l’existence.

Durant votre jeunesse, quels étaient vos liens avec le Portugal ?

Jusqu’à l’âge de onze, douze ans, on n’est jamais revenus au Portugal. On n’avait vraiment pas les moyens de mettre de l’argent de côté pour repartir. Et puis je crois que ce n’était absolument pas dans l’état d’esprit de ma mère de retourner au Portugal. Elle m’a toujours donné l’impression d’avoir quitté une très grande misère humaine, morale, psychologique. On y est retourné dix ans après et la famille n’a jamais compris que l’on n’y revienne pas chaque année. Je crois que les frères et sœurs de ma mère lui ont souvent reproché d’avoir quitté le Portugal, et surtout ma grand-mère maternelle. Le Portugal, j’ai dû y aller deux ou trois fois comme ça avec ma mère, après je n’y suis pas retourné avant mes vingt-quatre ans toute seule. J’étais partie en bus parce que j’avais rencontré des gens. J’en ai profité en même temps pour aller chez mes grands-parents et après à Lisbonne, chez deux tantes avec lesquelles je garde encore des liens. Mais je me rappelle toujours mon grand-père qui ne comprenait pas que ma mère m’ait laissée partir toute seule. Une fois, j’ai rencontré des gens qui m’ont invitée le soir, et mon grand-père m’a dit : « Si tu sors toute seule ce soir, tu ne rentres pas à la maison ». Je me suis dit : « Mais c’est pas vrai, dans quel univers suis-je tombée ! »

Quelle perception avez-vous eue lors de votre retour au Portugal à douze ans et plus tard quand vous étiez plus âgée ?

À douze ans, c’était comme des vacances. On part en vacances au Portugal, on voit des gens qui font partie de votre famille… Et puis, c’est une sensation étrange, je me rappelle quand j’avais été voir mes grands-parents, je n’arrêtais pas de me dire : « Ah, c’est les parents de ma mère, enfin ces gens-là ont un lien avec moi… » C’étaient mes grands-parents et c’étaient des étrangers, j’étais une étrangère. Je n’avais rien à leur dire, et ils n’avaient rien à me dire sinon qu’ils étaient très intrigués par notre mode de vie en France. Les Portugais ont toujours eu une image très belle de la vie en France, l’herbe d’à côté est toujours plus verte que chez soi ! Je me rappelle qu’à quatorze, quinze ans, j’avais une tante qui était coiffeuse à Lisbonne et je me disais : « Tiens, je pourrais lui demander d’être apprentie, pour aller vivre au Portugal… » J’ai fait une crise à un moment donné, ne sachant si j’étais portugaise ou française.

Au Portugal, avec mes grands-parents, c’était difficile. C’étaient des étrangers, j’étais une étrangère… Je n’avais rien à leur dire et ils n’avaient rien à me dire…

En France, vous avez donc fait des études d’histoire de l’Art, quelle a été votre activité après ?

Mon cursus universitaire a été laborieux. J’ai toujours eu de très bonnes notes à l’oral et de très mauvaises à l’écrit. J’ai fait des rencontres extraordinaires à l’université. Et entre autres une femme qui était professeur de littérature portugaise à l’université de Pau. C’est avec elle que j’ai découvert finalement mes origines, autre chose que le Portugal à travers son folklore, ce n’est pas un reproche, mais j’ai découvert que le Portugal avait une culture, qu’il avait des mouvements artistiques, des écrivains, etc. Je pense que la vie est faite de rencontres qui vous ouvrent des portes. Quand j’étais à Toulouse, je me suis inscrite pour apprendre le portugais, je voulais le parler correctement et l’écrire. Mais bon, j’ai fini par arrêter. Je lui disais : « Tu vois, je n’arrive pas à écrire, j’ai un blocage énorme. » Alors, j’ai commencé une psychanalyse, mais je n’ai pas été assez loin pour découvrir le pourquoi de ces difficultés à l’écrit. Je n’ai jamais trouvé le lien, l’écrit est un monde qui m’échappe, alors que j’aimerais savoir écrire.

Après votre maîtrise d’histoire de l’Art et votre D.U.T. en Communication, qu’avez-vous fait ?

Des ménages [rires], pour manger ! Il faut dire aussi que, par ailleurs, je suis reconnue travailleur handicapé. J’ai vu une assistante sociale qui m’a dit que je pouvais bénéficier de l’aide aux adultes handicapés, étant née malvoyante (je n’ai qu’un dixième à chaque œil), je ne voulais pas y faire appel, mais elle m’a convaincue que ce serait le moyen d’avoir un minimum de ressources. J’y ai recouru, mais ce n’était pas satisfaisant pour moi, donc à la sortie de l’université, ma sœur faisant des ménages, je lui ai demandé de me trouver du travail. J’ai donc repris des ménages avec cependant une très grande souffrance à l’âme et au cœur, parce que c’était dur physiquement, mais surtout moralement, et je me disais que je ne pouvais pas poursuivre ma vie dans cet univers-là qui ne me correspondait pas.

Lors de mes études, j’ai découvert que le Portugal avait une culture, des mouvements artistiques, des écrivains… et pas que du folklore !

Enfin, je ne crois pas que ça corresponde à qui que ce soit, mais en même temps j’aspirais à autre chose. À quoi ? Je ne savais pas exactement. Parce que du coup, j’avais une maîtrise d’histoire de l’Art, un D.U.T. de Communication… et puis c’est à ce moment-là que j’ai rencontré mon mari. Il était à l’école d’avocats de Pau, et il a commencé à exercer sur Bayonne, je l’ai donc suivi. Et là, ne trouvant pas de travail, je suis repartie à l’université pour deux ans de plus. Puis mon mari m’a dit : « Voilà, je vais m’installer à Mont-de-Marsan ! » Je l’ai suivi et aidé dans son installation, je me suis occupée du secrétariat et de la compta. Mais j’étais très malheureuse à Mont-de-Marsan, au début, c’était une ville que je n’aimais pas, moi qui avais vécu à Bordeaux, Toulouse…

En quelle année êtes-vous arrivée à Mont-de- Marsan ?

C’était en 1996. Je me souviens un jour, six mois après, je pleurais dans la rue et je me disais, bon, ce n’est pas possible, j’ai fait des études que j’ai aimées, je n’ai pas trouvé de travail, mais j’ai quelqu’un qui m’aime et que j’aime, il faut vraiment que je réagisse ! Étant déjà très engagée à la Ligue des droits de l’Homme avant, j’ai décidé de poursuivre avec mon mari et nous avons continué tout naturellement notre engagement au sein de cette association. Par ailleurs, je me suis inscrite à Aides et j’ai fait du bénévolat pendant quelque temps. J’ai ensuite monté une association de cinéma à Roquefort, j’ai découvert les choses au fur et à mesure, j’avais même créé des journées artistiques où j’avais convié des sculpteurs et des peintres, autour du thème « Hôtel du Nord, une gueule d’atmosphère ». On travaillait avec la Fédération des œuvres laïques d’Agen à la programmation de films. J’ai monté cette association pour permettre à des familles d’aller au cinéma une ou deux fois par mois, un « cinédriving » aussi en pleine campagne, au fin fond des Landes ! Puis, petit à petit, les gens savaient qui j’étais. Ce qui était déplaisant au début, c’est que j’étais « la femme de… » Mon mari est avocat, mais il vient d’un milieu modeste comme le mien. Et puis on ne s’est jamais positionnés par rapport à notre statut social. Mais ici c’était important !

Je voulais poursuivre mon engagement… jusqu’à agir pour le droit des femmes avec l’État. Je voulais le faire parce que je sentais que je pouvais… œuvrer dans ce sens-là.

Pourtant, peu à peu, cette image-là s’est estompée. Je me suis également retrouvée au Centre d’information des droits des femmes, association créée dans les années quatre-vingt, pour justement venir en aide à toutes les femmes. Je mettais en place des évènements qui permettaient de sensibiliser le public à la cause des femmes. Et à partir de là, je me suis retrouvée travaillant dans des centres de formation, j’ai rencontré beaucoup de monde et on est également venu me chercher pour travailler au Planning Familial, où j’ai été conseillère conjugale et familiale. En ce moment, j’occupe le poste de chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité, depuis 1984. Ce poste consiste à promouvoir toutes les politiques menées par les différents gouvernements en faveur des droits des femmes.

Est-ce que vous vous sentez à l’aise dans votre travail et quelles satisfactions éprouvez-vous ?

Ces engagements associatifs ne sont pas neutres, ils sont très forts. Alors on me dit souvent que je suis un peu à vif, par rapport à tout ce que je défends, et c’est là où j’en reviens à mes origines. Quand j’y pense, j’ai passé mes premières années dans un pays où il y avait une dictature ! On a l’impression que ça fait partie de l’histoire, je ne vous parle pas de l’Argentine, ou de pays d’Amérique du Sud, je vous parle d’un pays qui est en Europe et c’était hier, Salazar… Quand je pense que ma mère n’a pas pu aller à l’école parce qu’il avait décidé que ce n’était pas obligatoire pour les filles… Je crois que j’ai toujours eu ça dans la peau ! Ce qui m’a beaucoup marquée, entre autres, quand j’étais au Portugal, en tant que femme, c’est que la femme est cataloguée en fonction de son comportement, de sa manière d’être, etc. Je vous parle du milieu rural. Je sais qu’il y a une chose à laquelle je n’ai jamais pu accéder au Portugal, c’est la littérature. Là d’où je viens, les femmes doivent correspondre à des stéréotypes, vous n’existez pas en tant que femme, mais en tant que mère, on vous ramène toujours à la famille.

Quels liens avez-vous actuellement avec le Portugal ?

Presque aucun. À chaque fois on se dit : « J’ai envie d’y aller, j’y vais ! » et à chaque fois que j’y vais, je me dis : « C’est le pays où je suis née, et je me sens étrangère, je n’ai pas de liens… », il faudrait que j’arrive à aller au Portugal sans forcément aller voir mes tantes. Parce qu’à chaque fois ça me renvoie à des choses, j’ai l’impression que je pourrais vivre ici ou ailleurs, que c’est partout pareil. Je suis quelqu’un qui prône beaucoup par le vide, je ne m’attache pas aux choses, ni aux lieux. Je peux être amenée à partir demain, j’ai toujours ça dans la peau… Donc que ce soit le Portugal, la France, ou ailleurs, c’est pareil. 

Si les gens me connaissent, c’est pour mon action en faveur du droit des femmes, c’est à travers mes engagements. Et pas à travers une nationalité…

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Interviewer : Raymond Arnaud

Lieu : Mont-de-Marsan

Date : 7 décembre 2009

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