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Juan Enrique GONZÁLEZ

Juan Enrique Gonzales
Républicain Espagnol
Né en 1919

Juan Enrique GONZÁLEZ
Juan Enrique GONZÁLEZ
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Les séquences

Interviewer : Marianne Bernard
Lieu : Bordeaux
Date : 20 mars 2009

Retranscription de l’interview

Marianne : Bonjour, Monsieur GONZALES

Juan : Bonjour, Madame

Marianne : Marianne Bernard. Donc j’interviens dans le cadre de la collecte sur la mémoire orale des espagnols euh républicains dans la résistance française, donc je vais vous présenter. Vous êtes Monsieur euh GONZALES Juan Enrique. Né en

Juan : Junquera province de Guadalajara

Marianne : De parents, comment s’appelaient vos parents?

Juan : Mariano y Bénita Horeina

Marianne : Et que faisaient-ils en Espagne?

Juan : Mon père, il était responsable des fabrications à l’usine des ciments (Juan site le nom d’une entreprise), une société Anglaise. Et il était chef de fabrication.

Marianne : Et votre, votre mère ne travaillait pas?

Juan : Non, ma mère ne travaillait pas, comme la plupart des mères espagnoles.

Marianne : Vous aviez des frères et soeurs peut-être?

Juan : J’avais mes frères et une soeur, et puis on allait aux écoles que l’usine avait monté, elle-même

Marianne : Une école, pas une école religieuse alors ?

Juan : Non c’était une école privée de la société.

Marianne : De la société!!

Juan : Et après, on est venue euh…; d’une marque espagnole par deux professeurs.

Marianne : Et vous êtes né? euh… votre date de naissance, vous nous l’avez pas dite

Juan : Veintitres de junio, de mil novecientos diecinueve

Juan: 23 Juin…

Marianne: 23 Juin 1919

Marianne: Donc euh…, quel a été votre donc ? vous êtes allé à l’école?

Juan : Oui!

Marianne : Et quel a été votre engagement euh… quand la guerre s’est déclarée, la guerre d’Espagne s’est déclarée?

Juan : Oui, quand la guerre d’Espagne s’est déclarée, nous normalement on était euh, on était bien logé et on était bien nourri, seulement la (hésitation), dans dans le déroulement de la guerre a fait que il a fallut qu’on parte se réfugier; on a tout abandonné et on est parti se réfugier à la capitale Guadalajara, (toux) seulement, on était que des jeunes ou des personnes âgées.

Juan : (Voiture qui passe au loin) Alors, il fallait que les plus dégourdi partent voir le gouverneur. Juan: avec deux autres camarades et puis deux personnes chargés, on est parti voir le gouverneur de Guadalajara pour lui demander d’améliorer notre situation puisqu’on était dans, logés dans un hangar de aréostacion et on avait que de la paille pour coucher. Alors, on a été voir le gouverneur, on a demandé de l’aide et puis petit à petit, ça a été solutionné, il y a eu des logements pour les autres et mon père comme il avait de la famille dans ce village, où il était né et moi je suis né, on est parti réfugier là-bas.

Marianne : Et comment faisait-il, comment faisiez-vous pardon pour vous nourrir?

Marianne : Pour manger?

Juan : Ah béh, l’argent ils en avaient de l’argent les parents

Marianne : Ah bon!! (petit rire)

Juan : Oui, heureusement (petit rire de Juan aussi), ah béh, la nourriture, était comme tout le monde, c’était rationné, il y avait des affaires qui manquaient, mais nous on a jamais manqué de nourriture.

Marianne : Alors ça jusqu’à quelle date alors ?, à quel moment, vous vous êtes engagés dans le conflit de la guerre ?

Juan : Eh béh… (réflexion de Juan) Un silence avec respiration de Juan

Marianne: En mille neuf cent donc trente six la guerre a commencé

Juan : Nous on étaient ré…, nous on étaient réfugiés et là (toux) comme les autres (toux) on travaillait tous à la campagne et le dimanche, les gens, il faisait très beau, mois de septembre (toux) en mille neuf cent trente… seeept…??

Juan : Trente sept! les avions euhh… ils entendaient les avions russe à l’aéroport et puis tout le monde est sorti un dimanche après-midi, parce qu’il faisait beau et puis ils ont entendus les bruits des avions, et les gens sont sortis pour les voir arriver, seulement la chance a voulu que ce soit vingt-trois trimoteurs vulgaires allemands qui ont apparu derrière les montagnes et qui ont bombardé la ville et ils ont tous détruits. Ils ont tués les… les personnes âgées, les enfants plutôt qu’autres choses et là moi je me suis dit que quand je partirais de la maison je partirais pour être pilote et puis ma mère ne voulait pas que je parte avant la majorité.

Marianne : Eh oui parce-que vous étiez jeune quand même à l’époque hein vous aviez??…

Juan : Alors comme je l’ai fêté …beaucoup ma mère, j’ai attendue d’avoir dix-huit ans et j’ai fais la demande pour partir à l’école de pilote, pour être pilote de chasse, pour démolir les bombardiers

Marianne : Alors à quel endroit avez-vous fait cette école de pilote? Juan : A(toux) Cuartel de los Geronimos d’Alcantarilla en Murcia

Marianne : El Murcia

Juan : Seulement là aussi on a pas eu de chance, on était chef dans le groupe, il y avait un groupe qui faisait les… les (hésitation) la pratique des des pilotes et nous on était dans la… dans la théorie, et euh… la (toux), les troupes franquistes on avançait et puis il a fallu abandonner les cours, alors on a été destiné (toux) au… au camp de recrutement des Torrevive en centre, on était SS comme chefs instructeurs … On a instruit les, nos bons, de nouveaux arrivants, on les a fait faire la distribution ; et puis les tirs, les maniements des armes et après chacun a été distribuer d’un côté de l’autre; et moi je suis arrivé à… euh par la Tarragone à Cambrils aux brigades internationales, a la duche obrigada garibaldienne …

Marianne : En quelle année c’était ça? en quelle… en quelle année?

Juan : Trente-huit

Marianne : En mille neuf cent trente huit… et que… euh… en mille neuf cent trente huit, quel mois? c’était presque la fin de la guerre là par contre.

Juan : Trente huit, mois de février, je crois

Marianne parle: En février

Juan continue: Je crois, je crois que c’est en février quand je suis allé à l’école de pilote

Marianne: Euh… peut-être un peu plus tard non?, un peu plus tard je crois, vous êtes allé à l’école de pilote? Non!

Juan : Non!, en février trente huit

Marianne : Donc qu’est-ce qui s’est passé alors dans les brigades internationales ?

Juan: ?? je cherche mes papiers parce-que…

Marianne: Hein oui regardez!! Marianne toujours: donc les brigades internationales, mais vous vous êtes engagés dans ces formations là ou vous étiez vraiment euh dans des compagnies espagnoles, vous?

Juan : Non, on n’ était pas engagé, on a été destiné aux brigades internationales

Marianne : « D’accord!! » Juan qui continue son histoire: « Et y’en a d’autres qui sont partis dans d’autre brigades. (Toux de Juan)

Marianne : Et vous avez combattu sur le front de l’Ebre ?

Juan : Oui, on a été à Cambrils, de Cambrils c’était un regroupement et puis quand on on est resté …regrouper, on nous a emmené à Tortosa et à Tortosa on a passé au… en seconde ligne, après nous sommes montés un peu plus haut et au mois de septembre, enfin nous tout septembre, on a traversé l’Ebro et on a été faire des combats du côté de Mora La Nueva et c’est là que j’étais blessé.

Marianne : Donc, vous avez été blé… blesser sur le front de l’Ebre euh soigné je suppose??!!

Juan : Oui

Marianne : Egalement??!

Juan : Soigné d’abord par le… les groupes de soin de ??? et après (toux) on nous a emmené à l’hôpital de Reus, et là j’ai été opéré. De Reus, j’ai été envoyé avec d’autres en train complet à l’hôpital de Gérona.

Marianne : Et euh… comment avez-vous ? euh… donc la guerre s’est arrêtée pour vous là, la guerre d’Espagne s’est arrêtée pour vous, du moment que vous avez été blessé, ça a été fini?

Juan : Oui, oui, oui, oui!

Marianne : Et comment euh… quand vous vous êtes engagés, pourquoi vous êtes vous engagés dans les forces républicaines plutôt que de l’autre côté?

Juan : AH! Parce que mon beau-père …déjà il était, il était déjà pour la gauche haha dans l’état, moi j’étais tout petit et tout jeune, il a tout jeté , lui dans les parti socialiste on est radical …à l’époque.

Marianne : Donc ça été la continuité familiale, hein?

Marianne : Donc après votre blessure sur le front de l’Ebre et votre séjour à l’hôpital, qu’est-ce que vous avez fait?, vous avez évacué le… le front donc euh… par la frontière euh… française des Pyrénées

Juan : Depuis, depuis Gérone, l’hôpital de Gérone on nous a envoyé à Sant Hilari de Sacalm, dans la provincia de Gérona ; et là, tout le monde repartait au moment de l’arrivée des franquistes et on nous a emmené encore à Figueras. Et à Figueras, ils sont venus bombarder l’hôpital. Ca c’était euh…

Marianne: Ca c’était en 39 déjà ?

Juan : Commence à, commence à trente neuf

Marianne: Ben oui

Juan : Ils ont bombardé l’hôpital et on est tous parti à pied la nuit euh… pour partir… pour arriver à la frontière.

Marianne: Voilà!

Marianne: Donc à la frontière, qu’est-ce qui s’est passé à la frontière alors, vou

Juan : Quand on est arrivé, il y avait de la neige!! la frontière était fermée, on a attendu trois ou quatre jours

Marianne : C’était… c’était quel jour, vous vous rappelez du jour? où vous êtes passés…??

Juan : Le jour: le dix, le dix, le dix février, mais on est arrivé le sept ou le huit hein!! et bien on est rentré, moi je suis rentré je pense que le dix

Marianne : Et vous étiez, vous n’étiez pas armé vous bien sur, puisque

Juan : Non! non, non, non j’avais encore euh un petit plâtre à la main, j’étais encore dans la convalescence de la blessure

Marianne : Et alors, qu’est-ce… qu’est-ce qui s’est passé au passage de la frontière justement, vous avez été tout de suite euh, dirigé vers des camps??

Juan : Oui, au passage de la frontière quand ils ont ouvert la frontière, la première chose qu’on a, qu’on a fait c’est arrivé aux alentours du Boulou et, et là y’avait des grandes marmites, des cuisines qui nous on donné avec des grands plats de nouilles et du pain très blanc et (toux) et après on nous a pris en charge, on a été pris en charge par les gendarmes et ils nous on fait marcher jusqu’à la plage des… des Argelés-sur-mer et là quand on est arrivé, il n’y avait rien, ni eau, ni baraquement, aucun, aucun refuge. Alors pour dormir, on était obligé de faire des trous, on s’est couchés quatre ou cinq dans ce trou, on s’est couvert, et quand celle du bout avait froid, eh ben, on s’est tourné et ça recommençait

Marianne : Et vous n’avez…! vous avez souffert de la faim, vous aviez froid là?

Juan : (Toux), il n’y avait rien à manger

Marianne: Rien à manger!

Juan: Ni à boire!

Marianne: Et alors il y a des personnes qui euh… qui mourraient là!! Parce que c’était très très précaire

Juan: Olà!! (toux) puisque tous le monde avait la dycenterie les premiers jours, et puis y’en a qui sont morts, y’en a qui ont été enterrés même je crois sous les autoroutes de sous les vignes, après les ouvriers avec les camions les emportaient je ne sais pas où!! à proximité peut-être d’Argelés, ou ailleurs, je sais pas.

Marianne : Et alors, dans ce camps d’Argelés y ‘avaient des hommes, des femmes, des enfants euh… tout était mélangé ?

Juan : (Toux), pour le moment, pour commencer tout était mélangé, mais après il y a eu la séparation et on a commencé à monter les baraquements, je suis entré à la compagnie de travail et puis on montait, à seize on montait une baraque par jour et ça été séparé; les femmes sont parties euh au… à l’autre bout du camp et elles ont fait la… les silos, un grand, un grand couloir de silos et un camp de civil pour les femmes et les enfants.

Marianne: Et alors vous, bon vous étiez blessé, vous ne pouviez peut-être pas trop travailler, mais est-ce que vous travaillez dans ces camps là, tous les… tous les hommes valident, est-ce qu’ils travaillaient

Juan: En général personnes

Marianne: Personnes ne travaillaient!!

Juan: Non! y ‘a que la compagnie de travail, après si y’en avait par exemple quand ils sont montés les lettrines parce que au commencement on faisait au bord de la mer et après ils ont monté les lettrines, y’avait l’équipe pour enlever les lettrines, pour les emmener, et puis la compagnie de travail, elle fichait les autres aux travaux . Et l’entretien des… des allées, et normalement les jeunes on était… on a… on était là à rien faire.

Marianne: Oui vous étiez euh… euh… prisonniers on peut dire…

Juan: Oui! Marianne: Dans ces… dans ces camps là!!

Juan: Un moment donné prisonniers…

Marianne: Pers… personne ne sortaient euh… travaillaient par exemple chez des paysans ou à l’extérieur

Juan: Pour… pour le commencement, non!! y’en a beaucoup qui sont partis. Ceux qui connaissaient quelqu’un, ils partaient et puis personnes pouvaient les…les retenir, mais… euh… y’en avait pas beaucoup qui partait, au commencement, après peut-être qu’ils sont partis travailler euh… dans les camps

Marianne: Vous… vous vous… (+ fond de voix de Juan)

Marianne : Vous pouvez nous raconter, vous une journée passée au camps d’Argelés comme ça? Une de votre… de vos journées?

Juan: Une des meilleures ben… on fabriquait de tout, on fabriquait de… y’en avait qui sculptait dans du savon qui faisait des figurines et moi j’avais fabriqué deux petites marionnettes en bois avec des fils de fer articulés et qu’on faisait tourner par le vent, parce que là-bas le vent, il manquait pas ??? (rire de Juan pendant son explication)

Marianne: C’est la Tramontane, c’est la Tramontane!!

Juan: Et le poux, et le poux non plus ils ne manquaient pas!!

Marianne: Les poux et les maladies hein!!, les autres maladies…euh… ouais ouais!!!

Juan: Oui mais bon…; ils les emmenaient, y’avait un bateau, euh un bateau hôpital, je me rappelle pas où sait c’est à Barcarés et puis quand ils étaient trop malade, on les emmenait à l’hôpital là-bas. Autrement ils nous soignaient, ils nous donnaient du charbon (ils nous le donnaient à manger pour les antérites) et puis voilà!!

Marianne : Combien, combien de temps êtes-vous resté dans… dans ce camp là à Argelés?

Juan: Jusqu’au mois de juin!!

Marianne: Juin trente euh…

Juan: Oui

Marianne: Trente neuf, juin trente neuf?

Juan: Oui, oui

Marianne: Et après?

Juan: Et après euh… je suis parti dans une compagnie de travail, pour euh… aller travailler aux Alpes-Maritimes, fabriquait… euh… construire une nouvelle route pour stratégique pour la guerra et là aussi on est dérangé par les gendarmes et les soldats de l’armée et … les gendarmes les spahis et les sénégalais.

Marianne : Et comment ça se passait alors là-bas ?, Vous étiez euh… pas trop mal traité euh… dans … au… à Argelés hein toujours, vous étiez pas maltraité par les… les gendarmes ou…??

Juan: Non, non on était pas trop mal traité, les gendarmes aussi on faisaient rien. Les gendarmes, euh pourvu qu’on reste tranquille, ils faisaient rien, seulement s’il y avait quelqu’un ou au ou autre ou quelque chose d’autre qui se… se soulevait, on était traité à coup de crosses.

Marianne : Et dans les Alpes-Maritimes, comment vous étiez logés là-bas? Vous étiez dans des camps aussi ? comment ça s’est passé?

Juan: (Rire), non seulement pour vivre, on a été logé au commencement dans des grands marabouts, des grands marabouts, et puis comme ça devait arriver (moto qui passe au loin) il fallait faire autre choses et ils nous on portaient des grandes toiles des … non des grandes pièces de toiles… des des… (hésitation de Juan)… des laines?!

Marianne: De laine, hum…

Juan: De laine … et du bois et on a construit des grands baraquements pour trente personnes, et puis de la paille. Après on s’est débrouillé, on a volé du bois, on a coupé des fils, des… des… des… des..l’enclave des du du camps et on fabriquait des pointes, on fabriquait des lits pour dormir, dans des lit en bois.

Marianne: Et vous êtes resté combien de temps là, dans les Alpes-Maritimes?

Juan: Et béh là on est resté (toux) moi je suis resté jusqu’à trente neuf euh… (hésitation + souffle de Juan) – Je crois que c’est novembre…

Marianne: Novembre trente neuf?

Juan: Ouais

Marianne: Parce-que la guerre en France s’est déclarée en Septembre trente neuf!!

Juan: Oui et jusqu’à Novembre, et parce que j’ai demandé à partir euh… travailler dans les usines de guerre et puis on nous avait envoyé à… au camp de Septfonds et au camp de Septfonds ils nous on faire faire des essais techniques et puis oral et puis euh… le groupe … de l’association où on était, on a été destiné Hispano Suiza à Tarbes à la fabrication de moteurs d’avion.

Marianne: Moteur d’avion et à Tarbes donc et après qu’est-ce que vous avez fait après?

Juan: (rire) à Tarbes on était très bien… on était solé… logé au plus grand hôtel de Bagnères de Bigorre, à l’hôtel de France et on nous payait un bon salaire puisque moi j’avais un métier, j’étais payé à ce moment là à sept franc trente de l’heure plus une franc de prime, ça me faisait huit franc trente

Marianne: Et vous étiez payé, vous étiez rémunéré, oui…

Juan: Oui mais il avait fallu faire encore un essai technique à l’usine et chacun avait été classé par rapport au… au… à la semaine de l’usine.

Marianne: D’accord, voilà!!

Marianne: Pour en revenir au camp de d’Argelés, donc vous étiez gardé par les gendarmes, les tirailleurs sénégalais et les Spahis; comment se comportaient-ils, déjà les gendarmes, comment se comportaient les gendarmes français?

Juan: Eh ben les gendarmes, euh… il y a une route entre le Boulou et et Argelés-sur-mer, il y avait des personnes euh…, des femmes enfin ceux qui avaient installés des tables euh sur le bord de la route avec de l’eau, des fois elles avaient un gâteau et ils y avaient les gendarmes qui passaient, disaient rien et ben y’ a l’autre qui donnait un coup de pied à la table et qui la foutait par terre

Marianne: Et c’est…, cette nourriture vous était destinée en faites?

Juan: Oui, c’était de l’eau qu’ils ont… que ces dames vou… voulaient nous donner!

Marianne: Et alors certains militaire donc euh… parfois le détruisaient tout ça!

Juan: oui, oui, oui, oui, oui

Marianne: Et et dans le camp comment étaient-ils parce qu’ils étaient avec vous? dans le camp ? il se…

Juan: oui mais dans le camp, vous savez, il n’en avait pas beaucoup et c’était à l’extérieur et puis il fallait à s’… arrh!!! et puis il fallait se frotter, moi j’ai trouvé une fois, un gendarme à côté de moi, mais eh … j’ai pas eu peur de lui et il a rien fait parce qu’il avait emmené un camion de pain et puis j’ai vu un garçon qui passait avec du pain, je l’ai demandé d’où il venait?! et quand je… il m’a dit, j’ai pris ma capote, je suis allé là-bas, j’avais une arme américaine, pistolet six/trente cinq et on étaient trois cent au tour (petit rire) alors (petit rire) on faisait le tour du camion, on montait d’un côté, on montait de l’autre, moi je suis monté d’un côté, j’ai pris deux pains et je suis parti alors (petit rire)

Marianne: Et les et les tirailleurs séné… sénégalais alors comment comment se comportaient-ils eux ?

Juan: ben si on ne faisait pas quoi que se soit…, … c’est comme les gendarmes hein, y’en avaient trois ou quatre qui étaient pas bien, y’en a qui on voulu violer les femmes au au camp civil, y’en a un y’en a un républicain qui on donné une grenade pour qu’ils se… pour qu’ils se tuent, ils on tués deux ou trois!!. Ils connaissaient pas alors euh… ils avaient dit que c’était un briquet puis ils se sont décroupillés, puis se… hum…

Marianne: Et oui, sa sa c’était la guerre en faites

Juan: Oui, oui, oui!!!

Marianne: C’est le problème des des réfugiés, comme ça, qui sont nombreux dans des camps et qui sont gardaient par euh.. l’armée ou la police hein, qui fait que y’a des ex.. actions quelques fois.

Juan: Oui puis y’a y’a des gens qui viennent malade et y’en a qui deviennent fou et euh… y’en y’en à Argelés y’en avaient qui partaient en Amérique mais avec la valise à la main et ils rentraient à la mer euh… comme si ils auraient pu passer de l’autre côté!!, oui mais… (Juan marmonne quelque chose)

Marianne: Et donc les soldats marocains qui vous gardez aussi euh comment étaient-ils eux?

Juan: Ah ben cela quand ils pouvaient, ils envoyaient les chevaux contre nous, parce qu’on leur avait dit qu’on n’aille pas à la plage!! mais eux au lieu de nous ??le poussaient normalement, y’en avaient qui arrivaient et ils mettaient le cheval euh… il le faisait lever avec les pattes, il tapait contre les gens

Marianne: Donc ils étaient un petit peu plus répressif que que les autres, leurs autres collègues on va dire?!

Juan: Oui, oui mais comment… (voiture qui passe au loin) c’est toujours pareil, c’est pas toujours les mêmes hein… et puis comment, les cannes étaient très longues alors on peut pas être par tout.

Marianne: Donc quand vous y étiez à Tarbes, vous y êtes restés euh… assez longtemps là euh…?

Juan: Jusqu’en Armistice

Marianne: Jusqu’en mille neuf cent quarante hein vous êtes restés là-bas! et ensuite?

Juan: L’Armistice euh.. les autorités de l’usine nous sommes rassemblés, nous on fait venir un jour, euh… et comme tout était hum… fini, ils nous on fait, donné un repas et ils nous on emmenés au camp de Gurs. On allait par Oloron prendre le train et d’Oloron, on est part, on nous a emmené au camp de Gurs!!

Marianne: Et ensuite après le camp de Gurs, vous êtes restés euh assez longtemps, non?

Juan: Au camp de Gurs, je suis resté depuis Juin à… jusqu’à Novembre quarante (on entend en fond Marianne); et… et et j’étais envoyé encore dans une compagnie de travail dans ??? sept… sept cent quarante trois compagnies en Ariège

Marianne: En Ariège, qu’est-ce que vous faisiez là-bas en Ariège?

Juan: Ben…, on refaisait encore une route qui avait été démolie et là on était dans l’eau, on est arrivé la nuit avec les sols neigés dans des maisons abandonnées, sales sans… sans lumière, sans hum…eau, sans rien, et sans… sans lits, sans rien, alors on a dormi, on a été prendre des bois des voisins qu’on a brûlé dans la cheminée et on a a … passé la nuit (Marianne en fond: »pour se réchauffer! ») au au bout du feu, le lendemain on a commencé à nettoyer et à se… à s’organiser un peu

Marianne: Et donc vous êtes restés à travailler quelques temps là?! quelques mois vous êtes restés euh…??!! (Respiration de Juan)

Marianne: A cet endroit là?

Juan: Oui, on a on a passé l’hiver là-bas et on travaillait; j’ai des photos; on travaillait en long de de la neige, on était par équipe de quatre, parce qu’on travaillait deux, dix minutes chaque chaque groupe, dix minutes dans l’eau à travailler et dix minutes dehors à s’échauffer.

Marianne: Et et ensuite donc vous êtes restés quelques mois et ensuite vous vous êtes allé où?

Juan: Attendez et puis autre chose, et on avait du topinambour comme repas!!, bouilli et on avait tous encore la dysenterie et on était tous dans la vie… dehors… à la neige. Et puis là et un jour, ils sont venus (hésitation… et murmure…), ils sont venus à , ils sont venus des gendarmes avec une liste, un camion, ils nous ont pris, ils nous ont ramenés au camp de Noé à Toulouse et ils nous ont laissé là et ils sont partis. Et deux jours après, de Toulouse d’autres gendarmes Milan de Baron, ils ont fermés le barreau, on avait des fils de fer et… ils nous ont débarqués les allemands à Montpon. Les gendarmes, ils étaient partis et il y avait que les conducteurs du train et son mécanicien qui sont arrivés à Montpon, les autres, il n’y avait plus personne, il y avait plus que nous qui étaient à dans les wagons

Marianne: A Montpon, en Dordogne.

Juan: Oui

Marianne: En Dordogne c’était

Juan: Oui

Marianne: Alors qu’est-ce que vous veniez faire à Montpon là? Qu’est-ce que vous veniez faire euh à cet endroit là?

Juan: Eh béh, on a été donné aux allemands et après on a su, on a su que…

Marianne: Vous avez été livrés en faites, aux allemands?!!

Juan: Oui, oui livrés aux allemands, mais a a après on a su que normalement on avait été échangé par M Pétain pour faire la relève des prisonniers français

Marianne: Et oui parce-que… il y avait beaucoup de français qui était parti en Allemagne à ce moment là!!

Juan: Non, non! Y’a y’a des prisonniers

Marianne: Oui

Juan: Qui avait fait, et ben nous on a été échange par les prisonniers français

Marianne: Ah oui, hum…

Juan: Contre les prisonniers français

Marianne: Contre les prisonniers français oui

Juan: Et… les troupes allemandes, ils nous ont ramené à à Saint-Médard en Jalles, au camp de Saint-Médard en Jalles, on était ?? locale, on était environ deux mille. Et tous les matins, à six heures du matin, ou à six heures l’après-midi, on partait euh… escortés par les… soldats allemands qui travaillaient à la base sous-marine.

Marianne: De Saint-Médard en Jalles?

Juan: De Saint-Médard en Jalles!

Marianne: Et comment vous y alliez?… (Hésitation de Marianne: « Non attend je sais plus… non attend…!! »). Donc Saint-Médard en Jalles, vous y alliez à pied ?, vous alliez travailler à pied à la base sous-marine?

Juan: Non Madame, on peut pas c’est trop loin, on allait, ils nous prenaient dans le train, et ils nous convoyaient jusqu’au train euh… de à la gare de Saint-Médard, de la gare de Saint-Médard, – (Voiture qui passe au loin) – ils nous emmenaient à Saint-Louis et de Saint-Louis on allait à pied jusqu’à la base sous-marine. Et c’était les al… les troupes françaises qui nous gardaient.

Marianne: Et à la base sous-marine, qu’est-ce que vous faisiez comme travaille là-bas ?

Juan: A la base sous-marine, on faisait tout: donc on a commencé par euh… la manutention, euh… décharger les wagons de sables, les wagons des graves, des fers, et des ciments et… après de la base sous-marine, non… des des Saint-Médard, ils nous ont pris encore, ils nous ont envoyé au mois de février de mille neuf cent trente huit je crois à… à la Caserne Niel

Marianne: En quarante et un, en mille neuf en mille neuf cent quarante et un hein!! A la Caserne de Niel vous êtes retrouvé euh… donc… euh…

Juan: Nous on était arrivé, on était arrivé au mois de novembre hum… à la base sous-marine

Marianne: Alors au mois de novembre en mille neuf cent quarante euh… quarante? (Voix de Juan: « Oui ») ou quarante et un? hein…!! Et vous y êtes restés après, toute la guerre?… A la base sous-marine, vous y êtes restés toute la guerre?

Juan: Non, non, non… à la base sous-marine, je suis resté, on est resté jusqu’au mois de février, euh… à Saint-Médard et après euh… on nous a emmené à la Caserne Niel euh… de la Caserne Niel, et de la caserne Niel un jour je euh… j’étais fatigué de rester à la base sous-marine avec un copain on a été se faire embaucher à la kommandantur des allemandes, en demande et on s’est fait embaucher comme mécanicien pour réparer des camions euh qui faisaient des transports de matériaux pour la m… mi… mur de l’Atlantique, mais on était toujours à la Caserne de Niel et on travaillait aux ateliers euh…quai de Queyries à la NCKK , on était un groupe quand même là la pas pas … pas assez important.

Marianne: Et alors là vous faisiez, des des travaux de de réparation de camion, et… vous les faisiez bien ces réparations où…??

Juan: Eh ben on faisait comme on avait je faisais… a fait à la base marine hein!!! on faisait des petits sabotages à l’époque, c’étaient pas des sabotages, c’était l’empêchement d’aller plus vite, à la base sous-marine c’est pareil hein!!, euh… on mettait des… des bois sous le petit train pour qu’il déraille ou on… ils tordaient des ferrailles qui devaient trop droites ??? ou des trucs comme ça ; nous au… au hangar des, à ciment, on était un groupe, deux fois on a on a arrêté un des compresseurs qui envoyaient le ciment à aux bétonnières. On a on a, on est on mettait des trois ou quatre, cinq sacs de ciment, des sacs de papier par dessus, on montait tous dessus et on tassait le ciment jusqu’à temps que le compresseur s’arrête et ça ça on l’a fait deux ou trois fois.

Marianne: Et il s’est arrêté!! Et alors comment ça se passait avec les Allemands là euh… ils ont, ils ont vus quand même que vous travaillez mal là, que vous faisiez des sabotages.

Juan: Il ne pouvait pas s’en rendre compte, on faisait quand ils étaient pas là (rire de Juan), ou quand ils étaient avec le dos tourné?, ils s’étaient arrêtés, les groupes s’étaient arrêtés, il y avait trop de ciment dedans mais il savait pas pourquoi, alors les sacs, les sacs vides étaient vite partis et quand les copains ont été arrêtés et après il fallait porter les sacs à l’épaule jusque… jusqu’aux bétonnières et puis les garçons qui faisaient le nettoyage des des des tuyaux où le ciment était envoyé au au coffrage et ben ils savaient que s’ils mettaient trois sacs en boules pour nettoyer le tuyau ça marchait, mais si ils en mettaient cinq ils s’arrêtaient en route, alors après il fallait démonter tout le tuyau pour le refaire. (Voiture qui passe au loin)

Marianne: C’est vous qui avait décidé de de faire des sabotages comme ça?, ou vous aviez des des ordres de la résistance, euh…

Juan: Non, à l’époque, à l’époque on avait aucune ordre de personne, c’était personnel, c’était euh… parce qu’on était pas en bonne euh…(hésitation) ha… en bonne concorde avec les allemands, en bonne concorde avec les allemands; et après nous on avait dernièrement on avait trois Allemands, j’ai des photos, c’était des démocrates, y’en a un qui a été envoyé au… au front de l’est parce qu’il avait rouspété de trop et ils se réunissaient dans la baraque de l’autre chef!

Marianne: Et et alors qu’est-ce qui se passait dans la baraque?

Juan: Ah ben ils discutaient euh… ils discutaient de politique et le mien, le chef, il s’appelait Jean et… il nous disait parce que j’arrivait à co… à sav… à m’entendre avec lui, avec trois ou quatre langues, on s’entendait, il me disait qu’il ne pouvait pas porter de brassards, non qu’il portait pas des poignards parce qu’il voulait pas porter les brassards, et lui jamais, il a jamais mis le brassards et il m’avait donné la consigne: quand je voyais un officier de lui dire parce qu’il rentrait dedans pour… il voulait pas saluer les officiers.

Marianne: Ah oui, ils… ils désobéissaient un p’tit peu en faites euh…

Juan: Ah ben c’est… je vous dit c’était des démocrates, ouais l’autre c’était un fils de transporteur et ben lui… il a rouspété un peu trop fort un jour au… restaurant euh au… à la cantine et il a été envoyé au front de l’Est

Marianne: Alors donc vous avez passé toute la durée de la guerre à la base sous-marine là?!! Comment…

Juan: Euh oui, non jusqu’à… non jusqu’à tant que je suis parti au atelier pour travailler en at… au atelier

Marianne: Oui, oui

Juan: Et et je finis à à la Caserne de Niel, je finis en travaillant au atelier

Marianne: D’accord!! Et donc vous avez continué jusqu’à, jusqu’à la fin de la guerre, à la Caserne de Niel (Juan qui lui répond: « Oui oui! »). Et…

Juan: Jusqu’à l’Armistice!

Marianne: Jusqu’à l’Armistice. Et donc ensuite euh vous aviez bon… des copains espagnols, vous vous êtes retrouvés un p’tit peu dans la… vous avez continué euh votre vie euh comment ça… comment ça s’est passé?

Juan: Bien, y’en a encore deux que on s’é…. que on s’écrit, on se voit moins maintenant mais…hum… assez souvent, y’en a un qui habite à Tarbes et l’autre qui habite du côté de Blaye à Saint… Saint-Christoly, oui!! on est… on a continué mais y’en a un autre qu’on était copain, il est décédé et puis les autres ils sont partis à droite, à gauche.

Marianne: Et vous ? Vous n’avez jamais pensé à repartir en Espagne?

Juan: Non jamais, jamais parce que moi j’avais euh envie d’avoir un métier et… si je partais en Espagne, en principe à l’époque quand j’étais plus jeune, il m’aurait envoyé en Afrique peut-être pour quatre ans ou cinq ans, et moi je voulais pas ça!!. Les Allemands, ils nous on envoyait une fois au consulat espagnol pour nous décider… pour… pour… à à partir; et et moi j’ai dit aux autres unités que moi je ne partais pas, que ici j’avais un métier et que là-bas j’aurais rien du tout, alors je ne suis pas partie.

Marianne: Hum… Parce qu’il aurait pu renvoyer de force, y’en a d’autres espagnols qui sont partis dans des trains euh…

Juan: Oui, mais je pense qu’ils avaient beaucoup besoin de nous, parce que comme on était dans des ateliers, qu’on était quand même des… des techniciens si on peut dire hein… eh beh… mais les allemands, ils n’étaient pas pour qu’on parte hein!!

Marianne: Et alors après la guerre, vous vous êtes euh… retiré donc à Bordeaux, dans quel quartier vous étiez?

Juan: Ben j’habitais Cour de l’Yser

Marianne: Cour de l’Yser hum…

Juan: Euh… j’habitais Cour de l’Yser et puis après on s’est marié ha!! j’ai trouvé ma femme euh et puis on s’est marié, Cours de l’Yser On est parti à Cenon, et de Cenon, Pessac!!

Marianne: Et votre femme était espagnole aussi?

Juan: Ah oui, elle était espagnole, elle était basque, de Bilbao.

Marianne: …

Juan: Elle était, elle était républicaine, autant que moi au plus peut-être.

Marianne: Et donc vous avez eu des enfants ici euh…?

Juan: Deux enfants, deux enfants.

Marianne: Et donc, votre vie a été euh… en France?!

Juan: Oui, oui, ah oui, non de toute façon moi je…, mon père euh…je l’avais écrit quand il y a eu la censure, mon père il m’avait dit euh… avec mon cachet, de ne pas bouger, de rester là que c’était meilleur ici que là-bas!!

Marianne: Et vous aviez de la famille encore en Espagne là?

Juan: J’ai encore ma soeur, et ma soeur, mon beau-frère et… une nièce à son mari et des enfants.

Marianne: Mais euh les… la lettre que dont vous parlez là, que vos parents vous envoyés, enfin votre père vous disait de ne pas bouger, de rester en France euh, ça pouvait passer euh par courrier, il n’y avait pas trop de censure quand même!! Juan: Si si si c’était censuré, mais les… mais les, mais il me le disait dans une… dans une autre façon camouflait, de garder mon travail, que le travail que j’avais qu’il était très bien, que d’après ce que je lui avait expliqué c’était bon…

Marianne: De rester, de rester en France…

Juan: Voilà de rester là!! Oui!!!

Marianne: Avec votre famille, vous avez parlé de vos faits d’armes en Espagne ou en France là pendant la résistance ?

Juan: Non euh… dans le… dans le…temps on parlait pas beaucoup au personne disait rien tout le monde euh… euh… se taisaient et puis même avec les familles non plus on parler pas beaucoup, juste avec les deux familles qui sont là à Tarbes et à Bla… et à Blaye et autrement les autres non!!. Ma femme oui, les enfants pas beaucoup, y’a qu’en dernièrement quand les petits enfants commencent à être grand, qu’on a tout expliqué et ben qu’ils sont (hésitation de Juan) euh… écouter un peu pour que j’explique euh… mais pas tout à fait… les… tous les détails qu’on aurait pu donner.

Marianne: Oui, tous les détails à l’époque, mais à l’époque pourquoi vous ne parliez pas si vous n’aviez pas confiance aux… aux autres personnes ou…

Juan: Non parce que quand on disait euh… des choses qui sont été véridiques, les les jeunes ils ne croyaient pas trop, alors qu’est-ce qu’on faisait et ben on ne disait rien tenez comme par exemple ma femme. Il y a bon ça va… sa fait maintenant trois ans qu’elle est décédée, et ben y ‘a quatre an, elle avait encore gardée son révolver de service de la guerre d’Espagne, et puis on a fait cadeau à mon… fils le plus jeune et il a son et il a le révolver de sa mère.

Marianne: Et qu’est-ce qu’elle…; je reviens dessus; mais qu’est-ce qu’elle faisait votre femme en Espagne pendant la guerre?

Juan: Elle était… elle était euh son père était responsable de sécurité de euh… hum…de l’Etat Major et elle faisait l’estafette avec un… euh… un garçon avec un moto et un side car et c’était elle qui transmettait les documents de l’Etat Major à aux armées.

Marianne: D’où, d’où…

Juan: dans le pays basque

Marianne: D’où son revolver?

Juan: D’où son révolver et qu’elle a elle a toujours traîné dans les camps Argelés-sur-Mer, ah Rivesaltes, à Gurs, elle a toujours eu son révolver et elle a jamais lâché

Marianne: Et donc c’est euh, c’est votre fils qui en a eu, qui n’a qui en a hérité,

Juan: Oui, voilà et je l’ai donné à mon fils, de toute façon le ressort un jour il s’est cassé en essayant et moi j’avais la possibilité de refaire, j’ai jamais voulu le refaire en cas d’accident (Bruit + murmure de Juan)

Marianne: Après l’expérience euh que vous avez vécu puisque vous avez quand même euh quatre vingt dix ans, qu’avez-vous envie de laisser euh comme message au jeune zéné… génération ?

Juan: Vous avez la chance d’avoir d’avoir de la patience, de gardez bien le moral, de se distraire au tant que possible comme on faisait nous, même enfermé, on chantait, on dansait et puis même les les gendarmes français s’étaient étonnés qu’on était enfermé et qu’on avait rien à manger et qu’on était tous de fêtes, garder le moral et l’entraide surtout l’entraide, c’est c’est ai…aidé les uns et les autres et c’est tout ce que je peux dire parce que c’est que comme ça que qu’on arrive à s’en sortir (bruit du micro)

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Interviewer : Marianne Bernard
Lieu : Bordeaux
Date : 20 mars 2009

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